Fondation Albert Gleizes


Juliette Roche (1884-1982)

Au moment de son mariage avec Albert Gleizes en 1915, Juliette Roche est déjà un peintre repéré sur la scène artistique parisienne : disciple de Maurice Denis et de Paul Sérusier, elle vient d’exposer à la prestigieuse galerie parisienne Bernheim-Jeune des paysages, des portraits et des scènes de genre très personnels.

Après son mariage et la démobilisation de son mari, Juliette Roche l’accompagne à New York et à Barcelone. La métropole américaine lui fournit de nouveaux sujets comme les vitrines illuminées de Brooklyn ou les danseurs de night-club. A Barcelone, elle peint des natures mortes ou des badauds arpentant les ramblas. Elle ne tarde pas à participer à l’aventure dada par des poèmes et une importante peinture influencée par Marcel Duchamp, dont elle rédige une biographie imaginaire.

De retour en France après la première guerre mondiale, Juliette Roche continue à peindre et à dessiner dans un style qui n’appartient qu’à elle, marqué à la fois par une certaine fidélité à la palette nabie et par l’influence diffuse des mouvements d’avant-garde auxquels elle s’est frottée. Elle montre toujours une prédilection pour les natures mortes et les autoportraits, tout en se faisant l’observatrice quelque peu sarcastique de la vie moderne.