| Au moment de son mariage avec Albert Gleizes
en 1915, Juliette Roche est déjà
un peintre repéré sur la scène artistique parisienne
: disciple de Maurice Denis et de Paul Sérusier, elle vient
d’exposer à la prestigieuse galerie parisienne Bernheim-Jeune
des paysages,
des portraits
et des scènes
de genre très personnels.
Après son mariage et la démobilisation de son mari, Juliette Roche
l’accompagne à New York et à Barcelone. La métropole américaine
lui fournit de nouveaux sujets comme les vitrines illuminées
de Brooklyn
ou les danseurs
de night-club. A Barcelone, elle peint des natures
mortes ou des badauds arpentant les
ramblas. Elle ne tarde pas à participer à
l’aventure dada par des poèmes
et une importante peinture influencée par Marcel Duchamp, dont elle rédige une biographie imaginaire.
De retour en France après la première guerre mondiale,
Juliette Roche continue à peindre et à dessiner dans un style
qui n’appartient qu’à elle, marqué à
la fois par une certaine fidélité à la palette
nabie et par l’influence diffuse des mouvements d’avant-garde
auxquels elle s’est frottée. Elle montre toujours une
prédilection pour les natures
mortes et les autoportraits,
tout en se faisant l’observatrice quelque peu sarcastique
de la vie
moderne.
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